Protéger et armer nos enfants contre le monde

Chères mamans,

Être catholique le dimanche, c’est facile… le reste du temps, c’est une autre histoire. Et pour les enfants, c’est devenu une mission à part entière qui leur demande beaucoup de force et de clairvoyance. Pour peu qu’ils soient scolarisés à l’école publique, ils sont confrontés, à chaque minute, aux pièges du monde : attraits séduisants de la société de consommation, discussions frivoles ou impures, blasphèmes, injures et violence gratuite. Si vous pensez que je noircis le tableau, je vous conseille d’écouter le dernier podcast de Mater Catholica qui fait l’état des lieux de l’immoralité ordinaire à l’école !

écouter le podcast

Comment préparer nos enfants à affronter tout cela ?

Il me semble que nous avons deux actions à mener de front : protéger nos enfants au maximum des dangers du monde ; leur donner aussi les armes pour qu’ils puissent affronter ces dangers sans s’éloigner de Dieu. Qu’en pensez-vous ?

Les pistes que j’explore ci-dessous sont le fruit de ma courte expérience, et honnêtement, je ne suis pas la plus compétente pour parler de tous ces sujets. Alors je le fais surtout pour que vous puissiez réagir et mettre de l’eau à notre moulin ! Merci !

Protéger nos enfants

Protéger les enfants, c’est une tâche ardue car absolument TOUT dans le monde aujourd’hui est opposé aux commandements de Dieu : l’école, la TV, internet et les réseaux sociaux, la politique, les publicités dans la rue, les conversations étrangères, la science, la mode, les loisirs et j’en passe. La société de consommation et le matérialisme engluent chaque élément de notre environnement. Pour s’en prémunir, on sait bien qu’il faut limiter autant que possible toutes ces influences diaboliques au sein du foyer : la TV, les écrans, les mauvaises lectures, la mauvaise musique… Quelle tristesse ? Bien au contraire !

J’ai en tête les critiques que l’abbé Timon-David a essuyées avec la méthode qu’il a mises en place à Marseille dans son oeuvre de jeunesse. S’il laissait les jeunes gens très libres sur les temps de récréation (avec tout de même des limites et une organisation très intelligente), il était intransigeant sur la tenue à la chapelle et les exercices de piété. On lui avait dit alors qu’il voulait transformer les enfants en moines, qu’il en demandait trop et que tout cela était bien austère… ce qui l’avait fait beaucoup rire : il suffisait de jeter un coup d’oeil dans la cour de récréation pour voir que les petits Marseillais ne s’étaient jamais aussi bien portés.

Découvrir la méthode de direction de la jeunesse par l’abbé Timon-David

En réalité, la joie dans un foyer ne dépend pas des sorties au restaurant, du nombre de jouets achetés ou des activités extrascolaires diverses et variées. Elle dépend surtout de l’état d’esprit de tout le monde et de la relation entre les différents membres de la famille, dont la flamme ne s’entretient pas avec des cadeaux, mais avec du temps passé ensemble, des jeux et des activités partagées. Sans oublier le plus important : une foi qui se vit tous les jours, à travers des prières en famille et l’apprentissage progressif de l’oraison. (D’ailleurs, je trouve que les familles vraiment catholiques partagent une joie qu’on ne voit nulle part ailleurs, pas vous ?) Et ce sont là les armes que les enfants se forgent au fil des années, avec notre aide, pour pouvoir combattre efficacement les pièges de l’ennemi.

Armer les enfants

Connaissez-vous le Règlement de vie d’un chrétien de saint Alphonse de Liguori ? J’ai découvert cet ouvrage récemment à l’occasion de la fête de ce grand saint, et je trouve que c’est un manuel très pratique pour nous. Adaptés aux enfants, les conseils sont précieux pour les mamans qui veulent enraciner la foi catholique dans le coeur de leurs enfants.

lien vers l’ouvrage (à partir de la p. 391)

“Dieu nous a donné par sa grâce les moyens de repousser l'attaque de nos ennemis; si nous ne savons pas en profiter, si nous nous laissons vaincre, la faute en est à nous. Tout le monde voudrait se sauver; mais comme on néglige les moyens nécessaires pour se sauver, on pèche et on se perd.”

1) Fuir les occasions

C’est ce que j’appelle “protéger”. Pour les enfants, c’est, comme je l’ai dit, éviter toutes les mauvaises influences autant que possible, qu’elles proviennent de personnes, de supports écrits ou visuels. On ne va pas vivre dans une grotte ou une île déserte, mais c’est à nous, adultes, de veiller à limiter les occasions pour nos enfants de se laisser tenter par les attraits du monde.

Doit-on pour autant tout cacher aux enfants ? C’est un vaste débat : certains enfants sont préservés jusqu’à leur majorité en étant scolarisés dans une école catholique hors contrat. L’avantage, c’est qu’ils ont eu moins d’occasions de tomber dans les pièges du monde ; l’inconvénient, c’est qu’ils sont jetés en pâture après leur bac et s’ils ne sont pas suffisamment armés, c’est la catastrophe. D’autres enfants, c’est le cas des miens, sont scolarisés dans le public, autant dire dans la nurserie du démon. L’inconvénient, c’est qu’ils sont assaillis de tentations ; l’avantage, c’est qu’ils apprennent à s’en prémunir quand ils sont encore dans le foyer familial et qu’ils peuvent justement bénéficier du soutien de leurs parents.

2) L’oraison mentale.

Comment la mettre en oeuvre pour les enfants ? Il me semble que le plus facile est de raconter régulièrement de belles histoires (des miracles de Notre-Seigneur ou de saints). On peut partir par exemple de la vie du saint du jour, ou bien du propre, en fonction des circonstances. Ces histoires nourrissent l’imaginaire et permettent ensuite aux enfants de prier en ayant en tête ces belles images ou même certaines phrases frappantes.

Il est important aussi, je crois, d’inviter les enfants, dès qu’ils ont l’âge de raison, de faire de courtes prières mentales (“oraisons jaculatoires”) quand ils se sentent en difficulté : par exemple, quand ils sont en train de perdre un match ou une partie de jeu et qu’ils sentent qu’ils vont s’énerver ; quand ils sont déçus ou frustrés de ne pas obtenir ce qu’ils veulent ; quand ils n’aiment pas ce qui est servi dans leur assiette, etc. Il suffit d’une petite phrase pour demander de l’aide : “Ma bonne mère la Sainte Vierge, aidez-moi à être patient / à garder courage / à avoir de la force”, “Jésus, ayez pitié de moi”, “mon ange gardien, veillez sur moi”.

Petit à petit, ils peuvent apprendre à offrir leurs contrariétés comme des petits sacrifices : “Mon Seigneur Jésus, je vous offre ma fatigue / ma douleur”, “Mon Dieu, j’accepte avec joie cette épreuve, que votre volonté soit faite”. Le temps du Carême est une bonne occasion, il me semble, pour commencer ces exercices.

Ces petites oraisons ne sont pas si difficiles à mettre en oeuvre, quand on explique bien aux enfants que la Sainte Vierge et le bon Dieu sont toujours là, à nos côtés, et que la prière est justement une arme pour être plus fort dans la vie.

Quelques oraisons proposées par saint Alphonse de Liguori : “En commençant à travailler ou à étudier, dites : Seigneur, je vous offre cette fatigue. En vous mettant, à table, dites : Mon Dieu, bénissez-moi, bénissez cette nourriture, afin que je ne commette pas de péché en la prenant, et que tout soit à votre gloire. En sortant de table : Je vous remercie , Seigneur d'avoir fait du bien à un homme qui a été votre ennemi. Quand l’heure sonne : Mon Jésus, je vous aime, faites que je ne vous offense plus et que je ne me sépare plus de vous. Dans l'adversité : Seigneur, vous l’avez voulu, ainsi soit-il ! Lorsque vous êtes tenté, répétez souvent : Jésus et Marie. Quand vous vous apercevez que vous êtes tombé dans quelque péché, dites tout aussitôt : Mon Dieu , je m'en repens, parce que je vous ai offensé; Bonté infinie, je ne le ferai plus. Et, si cest un péché grave , confessez-vous-en tout de suite.”

(ces oraisons marchent très bien aussi pour les mamans !)

3) La Dévotion à la Sainte Vierge

Notre mère du Ciel nous offre une aide incomparable pour l’éducation chrétienne de nos enfants. Les 3 Ave du matin et du soir sont un moyen bien connu pour combattre contre le péché mortel. Il existe d’autres prières que vous trouverez dans le livre de Saint Alphonse de Liguori. La pratique du chapelet est très fructueuse aussi ; on peut confier le soin de diriger une dizaine aux enfants volontaires. Une belle image de la Sainte Vierge dans la chambre de l’enfant, et même un petit oratoire pour le mois de mai comme le conseille Mgr de Ségur permettent également de nourrir la piété mariale très simplement. Enfin, porter une médaille bénite avec l’effigie de la Sainte Vierge apporte une grande protection et permet à l’enfant de se rappeler régulièrement la présence de sa bonne maman du Ciel.

Lire les conseils de Mgr de Ségur

4) La fréquentation des sacrements et de la sainte Messe.

La Sainte Messe, la Communion et la Confession sont les meilleures armes pour combattre les tentations du monde.

“La confession purge notre âme de ses souillures, et par elle on obtient non seulement la rémission de ses péchés , mais encore les secours nécessaires pour résister aux tentations. (…) La communion est appelée le pain céleste car, ainsi que le pain terrestre entretient la vie du corps, la communion entretient celle de l'âme. C'est pour cela que le Concile de Trente (Sess. 13 . c. 2.) appelle la communion une médecine qui débarrasse l’âme des péchés véniels et la préserve des péchés mortels.”

La Messe du dimanche est un grand moment de joie chez nous, elle est attendue avec impatience par les enfants. L’examen de conscience est un exercice qui s’apprend et les questions proposées dans les catéchismes pour les petits sont très bien formulées (par exemple dans l’Ami des petits ou dans les catéchismes des diocèses de France ou encore chez Mgr de Ségur).

Voir les ressources pour les enfants

5) Les prières en famille

Elles doivent être adaptées selon l’âge des enfants ; récitées devant un oratoire fleuri, avec de belles images, un cierge allumé, elles constituent un moment privilégié où chacun se sent relié l’un à l’autre dans l’amour de Dieu.

Dans l’idéal, il faudrait les faire ensemble le matin et le soir ; mais les emplois du temps sont parfois décalés et il n’est pas toujours possible d’être rassemblés au même moment. Les grands sont plus autonomes, mais il est toujours bon de leur demander s’ils ont bien fait leurs prières, de les recommander à Dieu et à leur ange gardien quand ils partent pour l’école, de leur recommander d’être bien vertueux. Ce sont des petites phrases, mais dites à haute voix, elles enveloppent l’enfant et lui donnent du courage. Pour les plus petits, une courte prière le matin pour offrir sa journée et remercier le bon Dieu devant l’oratoire ; avec les bébés, on peut regarder une image de la Sainte Vierge et de l’enfant Jésus, et les saluer avec un signe de croix en disant : “Bonjour Jésus, bonjour sainte Marie !”. Ce salut joyeux est un bon début !

Les trajets en voiture peuvent aussi être l’occasion de réciter le chapelet si le temps vient à manquer, ou au moins une dizaine. Ma fille aînée le fait en allant à pied au lycée ; mon fils aîné fait une dizaine avant de dormir. Chacun peut s’organiser de son côté durant la semaine et le dimanche peut être le moment de le réciter tous ensemble. Tout dépend de votre quotidien, mais il me semble que garder des objectifs réalisables sur la durée, c’est la clef pour persévérer…

Pour finir, je dirais que tous ces conseils s’appliquent aussi bien aux enfants qu’aux parents… car c’est imprégnés par le bon exemple que nos enfants se préparent pour affronter le monde !

Belle et sainte fête de la Transfiguration
à vous, chères mamans !

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