Se sanctifier par les tâches quotidiennes

(le bon Dieu les voit TOUTES !)

Chères mamans,

Si vous n’avez pas lu encore le billet de l’apostolat par la prière du mois de septembre, lisez-le vite, car on dirait qu’il a été écrit spécialement pour nous, les mamans !

L’APOSTOLAT DE LA PRIERE SEPTEMBRE 2026 : POUR QUE LES TÂCHES ORDINAIRES DE NOS DEVOIRS D'ÉTAT SOIENT ACCOMPLIES AVEC JOIE ET SIMPLICITÉ.

Une phrase en particulier m’a marquée :

“Notre volonté s'éparpille, elle veut des choses qui sont en fait contradictoires : le beurre et l'argent du beurre, une vie commode et une vie chrétienne, les joies terrestres de la vie présente et les joies célestes de la vie future. Tout cela nous détourne des joies célestes de la vie présente. Spe gaudentes, dit saint Paul aux Romains (12, 12) : soyez joyeux dans l'espérance.”

“Être joyeux dans l’espérance”, c’est une folie aux yeux du monde, car c’est renoncer à des biens tangibles et immédiats pour espérer un bonheur futur qu’on ne connaît pas encore. Mais la bonne nouvelle, c’est que cette espérance se vit au jour le jour, au sein du foyer, en accomplissant toutes les tâches répétitives et parfois ingrates du quotidien, celles que nous sommes les seules, parfois (souvent ?) à remarquer.

Notre défi de mamans, c’est de vivre cette routine bien chargée comme un moyen de sanctification joyeuse !

RÉSOLUTION APOSTOLIQUE

  • J'accomplirai mes devoirs d'état en me conformant aux dispositions intérieures de la sainte Famille à Nazareth.

  • Je garderai un esprit de disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans les pensées, les paroles et les actions.

Mais, concrètement, comment se sanctifier par nos tâches quotidiennes ? comment les accomplir avec joie et simplicité ?

Voici quelques pistes glanées dans des ouvrages très recommandables : comme d’habitude (je me répète, tant pis !), elles ne sont pas exhaustives et n’hésitez pas à partager vos pratiques et vos inspirations. Merci d’avance !

Quels sont les devoirs d’état auxquels se rattachent toutes les tâches que nous accomplissons quotidiennement ?

L’abbé Toublan les résume très bien dans son Petit manuel de la mère chrétienne :

Rien de plus utile pour une femme que de se rappeler, de temps en temps, tous ses titres et ce qu’ils réclament d’elle.

Chrétienne, c’est-à-dire disciple d’un Dieu crucifié, voilà son premier titre qu’elle tient du baptême, titre glorieux par-dessus tous les autres, titre qui lui vaudra le ciel avec son bonheur éternel, si elle a su le porter noblement. Ce titre est la base nécessaire de tous les autres, il doit en être l’âme et la vie, c’est-à-dire que sans lui, le reste n’est rien. Qu’elle ne l’oublie jamais, elle doit être chrétienne sans alliage, sans restriction, sans compromis, de la tête aux pieds, d’un bout à l’autre de l’année, partout, toujours.

Elle est épouse, c’est-à-dire la seconde dignité de la famille, après le mari, représentant de Dieu au foyer domestique. Elle doit l’être dans toute la beauté de ce grand nom, sans tache ni rides, comme dit saint Paul de l’Église, Épouse de Jésus-Christ, Père et Sauveur de nos âmes.

Elle est maîtresse de maison, et doit l’être dans toute l’étendue que Dieu même a donnée à cette mission divine qui n’est autre que la Providence rendue visible et sensible au sein de la famille.

Je veux allier tous ces titres et ne permettrai jamais qu’aucun d’eux subisse ni éclipse, ni amoindrissement. Je serai toute en toutes choses, comme disait saint Paul de lui-même : Omnia in omnibus. Me refuser un seul de ces titres, ce serait me les refuser tous. J’aurai donc un cœur qui batte sans cesse de tendresse et de sollicitude pour tous ceux que Dieu m’a donnés. J’aurai un œil toujours ouvert sur leurs besoins, sur leurs dangers, sur leurs peines, sur leurs devoirs. J’aurai une main toujours agissante pour leur bonheur spirituel et temporel. (Petit manuel de la mère chrétienne)

1) Accomplir les tâches quotidiennes comme une chrétienne : la routine est notre alliée !

Les rituels ont comme énorme avantage de nous installer dans une routine vertueuse : le principe est très simple, puisqu’il s’agit de déterminer à l’avance à quel moment faire ses prières du matin et son chapelet. Cela permet de ne jamais les manquer !

“Parmi vos pratiques quotidiennes, ayez en honneur la récitation du chapelet, chose si facile, qu’on peut faire en se livrant à ses travaux manuels, aux soins du ménage. En même temps que vous récitez le chapelet, suivez Marie, en esprit, dans les différents mystères de sa vie et demandez-lui, à chacun d’eux, les grâces dont votre cœur de mère vous suggérera la pensée” (Petit Manuel de la Mère chrétienne)

Il est aussi possible de fractionner le chapelet, si vous êtes vraiment débordée. Une dizaine par ci, une dizaine par là, rien de compliqué, finalement !

SANCTIFICATION DE LA SEMAINE POUR LES MÈRES CHRÉTIENNES

DIMANCHE. — Jour d’apostolat, travailler à la gloire de Dieu, prier pour l’extension de son règne.
LUNDI. — Dévotion aux anges gardiens.
MARDI. — Jour de prières pour les agonisants, préparation à la mort.
MERCREDI. — Dévotion à saint Joseph, patron des familles chrétiennes.
JEUDI. — Dévotion à la sainte Eucharistie et au Sacré-Cœur.
VENDREDI. — Jour de pénitence, dévotion aux âmes du purgatoire.
SAMEDI. — Dévotion à la Sainte Vierge, jour d’action de grâces et d’abandon.

(Les Grandeurs de la maternité chrétienne)

Je vous partage ici ma manière de faire (mais c’est une parmi tant d’autres) : je fais les prières du matin en donnant le biberon à ma petite, dès le lever ; et je fais le chapelet pendant la promenade en poussette en fin de matinée. Ces petits rituels structurent ma matinée et sont des rendez-vous que je ne voudrais pas manquer.

L’abbé Toublan préconise aussi une petite méditation qui se fait à partir de la lecture d’un livre de piété comme l’Imitation de Jésus-Christ ou le Combat spirituel. On peut lire aussi le propre du jour, écouter un sermon ou un cours en ligne, lire une vie de saint… Ces moments peuvent aussi être sacralisés (j’espère y parvenir un jour !).

MON AUJOURD’HUI

Patience aujourd’hui, mon âme.
Demain sera ce que Dieu voudra. En attendant, faisons la volonté du Seigneur.
Hier est passé, et de ce que j’ai enduré hier, il ne me reste plus la souffrance ; il m’en resterait le mérite, si je l’avais offerte à Dieu.
Aujourd’hui je veux souffrir avec mérite, ô mon Dieu.
Aujourd’hui n’est qu’un jour seulement,
Aujourd’hui est peu de chose,
Mon Dieu, puis-je faire moins que de vous offrir les peines, les souffrances, les fatigues d’un seul jour !
Que celles d’aujourd’hui, ô mon divin Maître, soient toutes pour votre amour.

(Les Grandeurs de la maternité chrétienne)

2) Accomplir les tâches quotidiennes comme une épouse et une mère : veiller au bonheur temporel et spirituel de son mari et de ses enfants

L’Eglise a prévu plein de petites prières pour demander la protection de son foyer et le salut de sa famille. Ces oraisons jaculatoires peuvent être faites à n’importe quel moment de la journée : nous n’avons même pas besoin de nous interrompre dans notre travail !

Contractez l’habitude des oraisons jaculatoires, appropriez-les aux besoins généraux ou particuliers de votre famille. Dites souvent : Mon Dieu, bénissez-moi, bénissez ma maison ! Mon Dieu, sauvez tous les miens ! Vierge Marie, assistez-nous dans nos dangers, dans nos tentations, dans nos peines ! Mon Dieu, bénissez ce travail, cette entreprise…” (Petit manuel de la Mère chrétienne)

Les mamans se sanctifient aussi et surtout en élevant les âmes de leurs enfants jusqu’au Ciel. Les saints naissent sur les genoux de leur mère, dit-on, et ce n’est pas qu’une expression. Les repas accompagnés de l’Angelus, du Benedicite et des Grâces sont un moment privilégié :

“(…) De grâce, ne vous contentez pas de prier, faites prier autour de vous, faites surtout prier vos enfants. Combien ne prient plus aujourd’hui ! Quelle honte et quel malheur ! La faute n’en est-elle pas à leur mère qui n’a pas su leur faire aimer la prière ? Ayez à cœur que votre mari et vos serviteurs prient également, que le Benedicite et les grâces soient récités, à haute voix, par vos enfants, à tour de rôle ; enfin, que la prière du soir se fasse en commun. Quel beau spectacle qu’une famille tout entière agenouillée aux pieds du Père céleste et sollicitant ses bénédictions ! Dieu pourrait-il ne pas l’exaucer ?” (Petit manuel de la mère chrétienne)

Chanter le Benedicite et les Grâces

PRIERE POUR SON MARI

C’est vous, ô mon Dieu, qui m’avez donné ce mari, en qui je dois voir un autre vous-même. Daignez le couvrir de votre protection, prolonger ses jours, le préserver de tout malheur, bénir toutes ses entreprises, répandre toutes vos grâces sur son âme. Éclairez-le, dirigez-le, soutenez-le, afin qu’il soit votre digne représentant au sein de la famille, qu’il soit heureux ici-bas et dans l’éternité.

Saint Joseph, chef de la plus admirable famille, rendez-le semblable à vous.

(Petit manuel de la mère chrétienne)

3) Accomplir les tâches quotidiennes comme une maîtresse de maison : faire de son foyer un sanctuaire joyeux

Notre tâche est de rendre notre foyer chaleureux : chacun doit être heureux d’y retourner après sa journée et s’y sentir bien, en sécurité. En ces temps mouvementés d’apostasie généralisée, où le bon Dieu et la Sainte Vierge sont blasphémés tous les jours, nous devons aussi particulièrement veiller à ce que notre maison soit un véritable sanctuaire où les commandements de Dieu sont aimés et respectés.

Quel bonheur de voir que la prière familiale est un moment de joie ! quel bonheur de voir que les enfants s’aiment et s’entraident au nom de Jésus ! quel bonheur de voir que grâce à Dieu, tous ces petits moments de tension inévitables au sein du couple s’apaisent bien vite ! Comment y arriver concrètement ? En pratiquant toutes les “petites vertus” du foyer dont parle Georges Chevrot dans son livre : la courtoisie, l’effacement, la gratitude, la sincérité, la discrétion, l’espérance, la bonne humeur, la bienveillance, l’économie, l’exactitude, la diligence, la patience et la persévérance. (Tout un programme !!)

Découvrir Les petites vertus du foyer

PRIÈRE D’UNE MAÎTRESSE DE MAISON

Dieu de miséricorde, je viens implorer votre grâce, afin qu’elle m’accompagne et me dirige dans la pratique des devoirs attachés à la position où vous m’avez placée. Accordez-moi, Seigneur, de savoir discerner en toutes choses ce qu’il y a de mieux à faire, et de l’accomplir fidèlement.

Faites que, mettant de côté, s’il le faut, mes inclinations naturelles, je sois exacte à prendre soin de tout ce que vous avez confié à ma direction, afin que rien chez moi n’ait à souffrir de ma négligence ou de ma prodigalité.

Faites que les querelles, les excès, les désordres, ne trouvent aucun encouragement dans ma maison, mais qu’une surveillance maternelle y fasse régner la paix, la concorde, les bonnes mœurs ; accordez-moi la grâce de me tenir également en garde contre cet esprit soupçonneux, qui rend souvent injuste, et contre cette indulgence excessive et commode, qui ferme les yeux sur de vrais scandales.

Ne permettez pas que la mauvaise humeur ou la colère inspirent jamais mes paroles ou mes actes ; mais apprenez-moi à reprendre avec douceur, à commander sans arrogance, à me faire servir sans caprice et sans hauteur.

Que, remplie d’une charité sincère pour ceux qui sont au dessous de moi, je ne néglige rien de ce qui peut adoucir leur situation pénible, rien surtout de ce qui intéresse le salut de leur âme, n’oubliant pas que nous servons tous un même maître, qui est notre commun père, et devant lequel nous aurons tous à rendre compte un jour.

Puissé-je enfin, par votre grâce, Seigneur, me préserver d’une sollicitude exagérée pour les intérêts de ce monde, ne pas laisser mon cœur s’y attacher trop vivement, et se détourner du soin de son salut !

Puissé-je me rappeler, au milieu des préoccupations les plus légitimes, que ma principale affaire est de sauver mon âme, et de travailler clans la faible mesure de mon pouvoir, à sauver les âmes de ceux que vous m’avez confiés et à procurer votre gloire ! Ainsi soit-il.

(Les Grandeurs de la maternité chrétienne)

4) Accomplir les tâches quotidiennes en réparation de toutes les offenses faites au bon Dieu

La Dévotion au Sacré-Coeur de Jésus est particulièrement importante aujourd’hui : elle nous permet, à nous mamans, d’accomplir une mission cruciale pour réparer l’ordre social de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a été complètement détruit par la révolution. Comme le souligne l’abbé Toublan, si les devoirs d’état de la mère chrétienne s’exercent au sein du foyer, elle “ne perd pas de vue les intérêts généraux de la société, ses souffrances, ses misères matérielles et morales, pour en prendre pitié. Elle se fait la réparatrice des iniquités du monde, la consolatrice de ses souffrances, l’avocate de ses nécessités auprès de Dieu par ses pénitences, ses prières et ses bonnes œuvres.”

La réédition du Manuel de l’Archiconfrérie de la Garde d’honneur du Sacré-Coeur de Jésus nous explique comment, concrètement, être unies au Sacré-Coeur de Jésus durant toutes les tâches quotidiennes que nous effectuons du matin au soir, afin de réparer toutes les offenses faites au bon Dieu.

Découvrir le Manuel de l’Archiconfrérie de la Garde d’honneur du Sacré-Coeur de Jésus réédité par Rosarium

La manière la plus facile de commencer à pratiquer ce culte d’amour et de réparation est d’effectuer tous les jours l’heure de garde. Il suffit de choisir une heure, dans la journée, durant laquelle nous sommes tournées intérieurement vers le Sacré-Coeur de Jésus. Contraignant ? Pas du tout ! (Il faut que je m’y mette !)

“Quand cette heure vient à sonner, les Associés, sans rien changer à leurs occupations ordinaires, se rendent en esprit au poste d’amour : le Tabernacle. Là, ils offrent à Jésus leurs pensées, leurs paroles, leurs actions, leurs peines et surtout, leur désir de consoler son divin Coeur par leur amour. (…) On le voit, cette pieuse fonction ne cause à l’Associé aucun dérangement dans ses occupations, ses devoirs d’état, ses délassements même. Elle correspond, en fait, à l’obligation qu’a tout chrétien de sanctifier ses actes les plus vulgaires en les faisant par le motif de plaire à Dieu et d’accomplir sa Sainte Volonté. Elle peut se pratiquer en tout temps et en tout lieu ; elle est, par là-même, accessible à tous” (Manuel de l’Archiconfrérie de la Garde d’honneur du Sacré-Coeur de Jésus)


J’espère que ces quelques pistes vous aideront dans la sanctification de votre quotidien : les tâches quotidiennes deviennent bien moins pénibles, quand on sait qu’on les accomplit pour notre salut !

L’abbé Toublan dit : “Quelle gloire pour vous, si on pouvait dire que les grâces qui descendent du Ciel sur votre famille, passent par vos mains, sont le fruit de vos prières !”.

C’est ce que je nous souhaite à toutes, chères mamans !

Soyons “joyeuses dans l’espérance” !


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